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objet de propriété entrant dans la partie supérieure de la catégorie des
objets d'affection, laquelle contient aussi les animaux domestiques. On
peut désirer un objet d'affection, s'y attacher viscéralement, mais aussi
s'en séparer. En revanche il apparaît comme intolérable d'en être privé
par un étranger. Le phénomène a été repéré depuis longtemps dans la
littérature de médecine légale4.
Cette médecine légale nous ramène au monde des experts, en un
carrefour à signaler pour une genèse de la bioéthique, et cela parce
qu'il s'agit d'un pouvoir de vie et de mort qui ne s'inscrit pas aisément
dans le droit. Le seul juriste intervenant ici est le canoniste, c'est-à-dire
celui qui, lorsqu'il ne gère pas discrètement les sacralités sauvages,
transcrit en forme juridique les préceptes théologiques. La définition de
l'autre expert confirme la complexité épistémologique de ce qui
produira la bioéthique et on s'en tirerait à trop bon compte en
l'appelant médecin. Apparaissant d'abord comme mâle dominant au
monde des sages-femmes, on le voit ensuite dans le rôle du prêcheur,
gardien des valeurs de la famille chrétienne, montrant le filigrane d'une
éthique médicale à la française.
AFFAIRE DE FEMMES ET LOI DES MÂLES
La femme doit-elle donner sa vie pour laisser vivre le fruit de ses
entrailles? Le débat fut bref et vif. Il est aujourd'hui oublié, mais il vit
en ses sous-entendus.
La controverse s'est située, en Occident, entre l'époque où
l'accouchement cessa d'être une simple affaire de femmes et celle où,
s'ajoutant à l'anesthésie, l'asepsie et à l'antisepsie pasteuriennes
banalisèrent l'opération césarienne : entre la fin du XVIIe et la fin du
XIXe siècle.
Ni la médecine de l'Antiquité, ni la médecine arabe médiévale
n'avaient hésité : il fallait sauver la mère. Dans le contexte de
l'Occident chrétien, la situation était particulière : à l'intervention
traditionnelle de la sage-femme il fallait ajouter le partage des
compétences entre le savoir universitaire du médecin et l'habileté
manuelle du chirurgien. En fait, jusqu'au XVIIe siècle, l'art des
accouchements était celui de cette sage-femme dont la désignation latine
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4E. DUMAS, Du libéricide ou meurtre des enfants mineurs par leurs parents, thèse,
médecine, Lyon, 1892.
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