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de la parturiente9. L'essentiel du monde médical se rallia rapidement à cette opinion, qui devint même en certains pays la règle officielle de la profession, jusqu'à ce que, au tournant du XXe siècle, la chirurgie moderne puisse enfin proclamer que l'embryotomie n'appartenait plus qu'à un abominable passé. L'histoire chirurgicale de l'embryotomie était terminée.
Son histoire doctrinale commençait.

UN CRIME SEXUEL

Dans la description historique que présenta, en 1939, le Dictionnaire de théologie catholique10, le sacrifice de la mère faisait figure de critère de catholicité. On y apprenait que la pratique de l'embryotomie démontrait "le mépris total des anciens Grecs et Latins pour la vie de l'enfant". On la pratiquait dans le Moyen Age chrétien, mais du fait de "la doctrine des médecins arabes qui, très souvent, étaient regardés comme des oracles dans plusieurs universités". Quant au Protestantisme anglais, il conduisit à utiliser systématiquement l'embryotomie, laquelle devint sous ces cieux incléments "une véritable boucherie". En Allemagne, où le Catholicisme avait mieux résisté, les avis furent partagés. Quant à la très catholique France, elle condamna l'embryotomie dès le milieu du XVIIe siècle, dans une déclaration de la Faculté de Théologie de Paris de 1648 anticipant sur de multiples condamnations réitérées par le Saint-Siège dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La Fille aînée de l'Église serait restée digne de son glorieux titre si l'Académie de médecine n'avait pas, le 10 février 1852, incité les médecins français à respecter la volonté de la parturiente lorsque celle-ci exprimait son désir de vivre.
Avant de s'interroger sur ce qui a conduit l'Église romaine à préconiser avec autant de force le sacrifice de la mère, il faut d'abord comprendre que le droit canonique ne connaît pas la distinction que font les systèmes juridiques issus du droit romain entre l'être humain et la personne juridique (sujet de droits). Pour ceux-ci, l'être humain ne devient une personne juridique, c'est-à-dire en sujet de droit, que

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9F.-C. NAEGELE, De jure vitae et necis quod competit medico in partu, Heidelberg, 1826.
10
T. ORTOLAN, in Dictionnaire de théologie catholique, IV, 2 (1939), art. "Embryotomie", col. 2409-2416.

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