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l'impur, c'est-à-dire un monde de culpabilité bien réel, mais inavouable
par un théologien qui consacre son existence à distinguer sa religion des
cultes primitifs.
LES FONDEMENTS D'UNE ÉTHIQUE OVOÏDE
Un médecin qui veut faire de la morale en la fondant sur de la
religion évite moins facilement les pièges que le théologien. On le
perçoit dans un texte de Louis Portes, sommité médicale dont l'autorité
morale domina en France les premières décennies de l'Ordre des
médecins.
Lorsque au début des années 1960 Louis Portes donna à l'édition les
conférences et articles qu'il présentait comme la Recherche d'une
éthique médicale14, il mit en tête de l'ouvrage, après un hommage à
Adolphe Pinard, un texte intitulé "Obstétricie - Protection de l'oeuf
humain". Comme la notion d'éthique médicalea fourni un jour, si l'on
en croit les lexicographes15, la notion gigogne de bioéthique, il importe
d'attacher de l'importance à tout : au temps, au lieu, aux mots.
C'est le 17 mars 1942, soit trois ans après que le Dictionnaire de
théologie catholiqueeut raconté à sa façon l'histoire de l'embryotomie,
que Louis Portes prononça sa leçon inaugurale de la chaire de clinique
d'accouchement et de gynécologie de la Faculté de Médecine de Paris :
"Je vais m'efforcer de vous montrer qu'il existe un
axiome fondamental qui, étant respecté de la généralité
des obstétriciens, assure à l'obstétricie son unité.
Ce principe essentiellement moral réside dans le
respect pour ainsi dire religieux que nous portons à l'oeuf
humain."
Le thème fut développé en deux temps avec d'abord une histoire de
la répression de l'avortement et sa justification théologico-
philosophique, et ensuite un développement sur l'embryotomie et ce qui
pouvait lui être assimilé. S'excusant de l'"aridité" de son propos
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14L. PORTES, A la recherche d'une éthique médicale, Paris, Masson - PUF., 1964.
15Inconnu dans la 9e édition (1987) du Dictionnaire de l'Académie française,le mot
"bioéthique" existe dans l'édition de 1990 du Dictionnaire Robertcomme un synonyme,
identifié depuis 1982, d'"éthique médicale". Le même dictionnaire a depuis élargi la
signification : "Discipline étudiant les problèmes moraux soulevés par la recherche
biologique, médicale ou génétique."
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