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Le corps, chose au milieu des choses

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les législations autorisant l'avortement et explique qu'on hésite à

donner une définition juridique à l'embryon ou au foetus.
On voit par là que la civilité juridique met en scène une
partie du réel. Le droit n'est que l'un des aspects de la
normativité, qui en présente bien d'autres : religieux, moraux,
économiques, médicaux, etc. Et on verra bien vite qu'il n'est pas
sans intérêt de rappeler que la normativité, à entendre comme
l'assemblage des règles faisant fonctionner une société,
s'imbrique dans un monde par ailleurs régi par des lois

physiques, chimiques, botaniques, biologiques, etc.
J'en viens maintenant aux questions que ce détour
suggère. Comment se distribuent les rôles dans la mise en scène
du droit? Quelles sont les choses qui entrent dans le décor? Sur
quoi s'ouvre le rideau? Enfin, est-il convenable d'y représenter

le corps comme chose au milieu des choses?
En d'autres termes, le droit peut-il s'ouvrir aux
évidences du grotesque? Ici, il va falloir pousser dans ses
retranchements la civilité romaine, en mettant en évidence ce
qui lui sert de fondement : l'aménagement des relations
des personnes entre elles et des personnes avec les
choses
2,entreprise qui nous conduira à voir tout autant le
corps dans les choses
que les choses dans le corps
3.Et
avec ce filigrane, toujours prêt à s'inscrire en apparence : que le


IMAGE Imgs/baud-le_corps01.gif

2Précisons que les rapports de personne à chose impliquent le plus souvent
un rapport de personne à personne (achat, don, legs) mais que celui-ci n'est
pas indispensable (acquisition d'un bien abandonné ou n'ayant jamais eu de
propriétaire).
3
Les législations issues du droit romain semblent parfois organiser les
relations entre les choses au chapitre des servitudes(un immeuble soumis à
un autre) et à celui des immeubles par destination(meubles considérés
comme immeubles). En fait il s'agit, dans le premier cas, de l'aménagement
des droits de deux propriétaires et, dans le second cas, d'une fiction de droit
au profit d'un propriétaire de meubles affectés à un immeuble, fiction limitée
par le seul intérêt du propriétaire. Ces apparents aménagements entre les
choses ne sont en fait que la mise en forme de l'intérêt des personnes.