Avec cette seconde partie, nous passons de l'Europe à la France, la période allant du XVIe au XVIIIe siècle (avec parfois, de légers débordements quand la matière les imposent).
Pourquoi parler ici de monarchie absolue et laisser entendre qu'il s'agirait d'une spécificité anglaise? N'y a-t-il pas en Europe d'autres monarchies se revendiquant du droit divin et pouvant de ce fait prétendre à l'absolutisme? Ne pourrait-on pas parler d'une monarchie absolue à propos de l'Angleterre ou de l'Espagne?
En ce qui concerne l'Angleterre, il est évident, dès la fin du Moyen Age, qu'on s'oriente vers une monarchie constitutionnelle, mieux, vers ce qui deviendra la référence en la matière. Le roi ne légifère pas, ne gouverne pas et la règle en matière d'administration est celle du self government, c'est-à-dire de la décentralisation administrative.
L'Espagne est devenue une monarchie de droit divin à tendance totalitaire (persécution des Juifs et des Musulmans, même convertis). Les pouvoirs centraux sont concentrés entre les mains d'un roi l'ayant enfin emporté sur les résistances féodales des "grands d'Espagne". Pourtant l'absolutisme est ici entravé par la résistance des particularismes locaux, plus forte qu'en France en ce qu'elle y présente plus nettement un caractère ethnique (elle existe toujours en Espagne où l'on sait qu'elle peut y prendre une forme armée).
Même s'il y a rencontré d'importantes limites, l'absolutisme a trouvé en France son terrain le plus favorable, parce qu'il y a fait l'objet d'importants développements doctrinaux, parce que le pouvoir royal a su y devenir un authentique pouvoir de gouvernement et parce qu'il a su s'assurer d'une maîtrise territoriale que renforceront la Révolution et l'Empire.