(Chapitre II - Les limites de l'absolutisme)

 

 

Section I - Les lois fondamentales du royaume

 

§ 1 - La théorie

 

§ 2 - Les applications

A - L'inaliénabilité du domaine de la Couronne

L'inaliénabilité (ou indisponibilité) du domaine de la Couronne, qui a été étudiée dans le cadre de la période médiévale, fut rappelée au XVIe siècle dans une grave circonstance. Sa portée fut ensuite précisée sous le règne d'Henri IV.

B - La dévolution de la Couronne

En France, la couronne se transmet dans la lignée d'Hugues Capet, par ordre de primogéniture (l'aîné, puis le deuxième, puis le troisième, etc.) avec exclusion des filles.

La dévolution de la couronne s'effectue selon un système statutaire et non héréditaire : si on accède au trône, ce n'est pas parce qu'on a hérité de la couronne, c'est parce que la loi de dévolution vous y a appelé.

Ce principe entraîne un certain nombre de conséquences :

1 - Le roi ne peut pas abdiquer

Prisonnier à Madrid, François premier voulut abdiquer en faveur de son fils. Sa libération rendit sa décision sans objet, mais tout indique que les parlements et le Etats généraux n'auraient pas accepté l'abdication.

2 - Le roi ne peut pas déshériter

C'est ce qu'avait tenté de faire le roi Charles VI au traité de Troyes (1420) au détriment du dauphin (le futur Charles VII) et au profit du roi d'Angleterre Henri V. La question fut réglée militairement par les victoires de Charles VII ; mais de toute façon les juristes français ne l'auraient jamais admis. En revanche, le roi d'Angleterre se fit appeler "roi de France et d'Angleterre" jusqu'à la paix d'Amiens (1802).

3 - On ne peut pas renoncer d'avance à la couronne

Le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, étant devenu roi d'Espagne, les Anglais lui imposèrent, au traité d'Utrecht (1713), de renoncer à la couronne de France. En fait la loi de dévolution ne l'appela jamais au trône. Si tel avait été le cas, les juristes français auraient considéré sa renonciation comme sans valeur. Pour les Légitimistes (et pour un grand nombre d'historiens du droit), le véritable prétendant au trône de France est aujourd'hui Louis de Bourbon, duc d'Anjou (cadre bancaire à Madrid).

4 - Le roi ne peut pas choisir un successeur

Craignant de ne pas laisser un descendant légitime vivant, Louis XIV avait, dans un édit de 1714, déclaré aptes à lui succéder à la Couronne les enfants naturels légitimés qu'il avait eus avec madame de Montespan. Cet édit fut cassé par le Parlement de Paris en 1717.

C - La catholicité du roi

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