(Chapitre II - Les limites de l'absolutisme)

 

Section IV - Les privilèges

 

Plus importants que les parlements, bien plus importants que les Etats généraux, les privilèges furent, sous l'Ancien Régime, la meilleure garantie des individus contre les excès de l'absolutisme. Les abus signalés par Tocqueville, en ce qui concerne le Canada français, auraient été inconcevables si les colons avaient bénéficié des mêmes privilèges que les sujets du Roi sur le continent.

Le mot privilège fait référence à l'expression latine privata lex, c'est-à-dire la "loi privée", ce qui signifie que, en cas de privilège, le roi n'est pas avec ses sujets dans une relation d'autorité fondée sur le droit public, mais dans une relation contractuelle fondée sur le droit privé. Le roi qui a accordé un privilège, et aussi ses successeurs, sont liés par un contrat qu'ils ne peuvent modifier sans le consentement de l'autre.

Mais alors, pourquoi les privilèges furent-ils la cible privilégiées des Révolutionnaires de 1789? La raison est que les privilèges tenaient la place des concepts nouveaux de liberté et d'égalité. Prenons l'exemple l'exemple de la presse. Sous l'Ancien Régime, seuls ceux qui ont obtenu un privilège peuvent publier un journal. Pour ceux-ci, il existe un droit de publier (fort contrôlé). Dans le vocabulaire de 1789, on peut dire qu'il n'y a aucune liberté pour les autres et une liberté très limitée pour eux. En outre, comme seuls ceux qui ont un privilège peuvent publier, nous sommes dans un monde où l'idée d'égalité est totalement étrangère.

Envisageons successivement, la distinction du droit public et du droit privé, les privilèges collectifs et les privilèges individuels.

 

§ 1 - Distinction du droit public et du droit privé

A - Le droit public

 

§ 2 - Les privilèges collectifs

A - les privilèges locaux

1 - Les Etats particuliers

B - Les privilèges professionnels

 

§ 3 - Les privilèges individuels

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