(Chapitre II -
L'enseignement et la recherche)
Section I - L'enseignement
§ 1 - Les universités
- C'est une institution religieuse,
l'université qui est à l'origine du monopole de
l'enseignement, alors que, dans l'Antiquité, le principe
était celui de la liberté de l'enseignement.
- A l'origine, l'Eglise ne se reconnaissait
aucune mission dans le domaine de l'enseignement scolaire : son
seul devoir était de diffuser" par le prêche sa
doctrine religieuse.
- Mais, dans le cadre de la Réforme
grégorienne, le pape imposa aux évêques de
créer des écoles destinées à la
formation des clercs. Certains de ses écoles
épiscopales eurent un grand succès. En certains
lieux, les établissements se multiplièrent et
débordèrent vite le cadre territorial de
l'évêché. C'est ainsi qu'à Paris
l'enseignement, concentré à l'origine dans
l'île de la Cité se répandit dans ce qu'on
appelle toujours le quartier latin (du fait de la langue des
étudiants médiévaux). Au XIIe siècle,
on peut signaler des écoles célèbres à
Bologne (droit), à Salerne et Montpellier
(médecine), à Chartres et Paris (lettres et
théologie) et à Oxford (sciences; en particulier
optique).
- L'apparition des étudiants («
écoliers » dans le vocabulaire de l'époque) fut
à la fois un trouble à l'ordre public et une source
d'enrichissement).
- Troublant l'ordre public, les
étudiants (dont certains, les « Goliards »,
n'étaient que des vagabonds du savoir dont on a
retrouvé les chants, les carmina burana) se
heurtaient régulièrement aux forces de police et
furent souvent condamnés par les tribunaux. La violence
policière et les condamnations judiciaires pouvaient
aller jusqu'à la mort. Dans de tels cas, ou pour
d'autres raisons (par ex. loyers trop élevés),
les étudiants se mettaient en état de «
cessation ». Il s'agissait d'une forme de grève
particulièrement radicale, consistant à quitter
massivement, parfois pour plusieurs années, la ville
avec laquelle ils étaient en conflit.
- Source d'enrichissement, les
étudiants manquaient très vite à la ville
qu'ils avaient quittée. On acceptait donc leurs
exigences en les invitant à revenir. C'est ainsi qu'ils
bénéficièrent d'un statut
d'autonomie.
- Institutionnellement, la chose se
réalisa par la création, dans la première
moitié du XIIIe siècle, par la création
d'universités et de facultés dotées de ce que
nous appelons aujourd'hui la « personnalité morale
», dépendant directement du Saint siège et sur
lesquelles le chancelier (à l'origine le «
maître d'école » ou « écolâtre
» de l'évêque) n'avait qu'une autorité
nominale consistant à apposer sa signature sur les
diplômes librement distribués par les facultés
(sauf à Oxford où l'évêque ne
résidait pas et où le chancelier pouvait diriger
l'université, en apparaissant plus comme l'homme de
l'université que comme celui de
l'évêque).
- Un étudiant arrivait très jeune
à l'université, parfois à 12 ans. Il
s'inscrivait d'abord à la faculté des arts (les
« arts libéraux »), plus exactement dans un
collège dépendant de cette faculté, où
il recevait ce qui est devenu l'enseignement secondaire.
Après ce qui était déjà appelé
le « baccalauréat », il pouvait continuer dans la
faculté des arts pour accéder à la
maîtrise es arts (correspondant à un doctorat
essentiellement littéraire et un peu scientifique) ou
s'inscrire dans une autre faculté (théologie, droit
canonique, droit civil, médecine) afin d'obtenir une
licence ou un doctorat.
§ 2 - Les nouvelles
institutions
- Les universités
médiévales furent à leur plus haut niveau au
milieu du XIIIe siècle. Elles déclinèrent
ensuite en se multipliant, en n'encourageant plus la
curiosité scientifique et en développant un mal
commun à l'ensemble des corporations :
l'hérédité dans l'accès au doctorat,
correspondant à l'hérédité dans
l'accès à la maîtrise dans les autres
corporations.
- A partir de la Renaissance, la
décadence universitaire s'illustre par de scandaleux
exemples (absentéisme professoral, achat de
diplômes). C'est ce qui explique l'apparition de nouvelles
institutions :
Retour au plan du
cours