Université Paris X - NANTERRE

Maîtrise : Histoire de l'administration publique

Professeur : Jean-Pierre Baud

(1er semestre de l'année 2007-2008) - IIe partie, titre II, chapitre 3


  

 Chapitre 3

La prison au XXe siècle

 

 

 

¶ I - Suppression des peines d'élimination

 

§ 1 - Peine de mort

Depuis le XVIIIe siècle, un débat existe au sujet de la peine de mort. En France, elle a été abolie par la loi du 9 octobre 1981 (il n'y avait pas eu d'exécution depuis 1977). Bien que le mouvement abolitionniste remonte à 1791, l'abolition de 1981 doit beaucoup au combat de Robert Badinter, d'abord en tant qu'avocat, puis au titre de Ministre de la Justice. La peine de mort n'a jamais eu d'effet dissuasif : en France, moins on a appliqué la peine de mort, moins on a eu a de crimes de sang. Le débat reste cependant ouvert pour des raisons religieuses, morales ou pour le sentiment de fausse sécurité que son existence procure. En 1999, les Français étaient encore forts partagés (50% contre, 48% pour).

Voici l’état actuel des condamnations et exécutions selon Amnesty International :

Au cours de l'année 2005, au moins 2 148 prisonniers ont été exécutés dans 22 pays et territoires et 5 186 personnes condamnées à mort dans 53 pays et territoires. Ces chiffres reflètent uniquement les cas dont Amnesty International a eu connaissance et sont certainement en deçà de la réalité.

En 2005, 94 p. cent des exécutions recensées ont eu lieu en Arabie saoudite, en Chine, aux États-Unis et en Iran. Sur la base des documents publics disponibles, Amnesty International estime que la Chine a exécuté au moins 1 770 personnes au cours de l'année, mais ce chiffre est vraisemblablement très en deçà de la réalité. Selon des propos attribués à un juriste chinois, il est possible d'évaluer à environ 8 000 le nombre d'exécutions en s'appuyant sur des données provenant de magistrats et de responsables politiques locaux, mais les statistiques nationales officielles sur l'application de la peine capitale restent un secret d'État.

L'Iran a exécuté au moins 94 personnes et l'Arabie saoudite au moins 86, mais ces chiffres sont sans doute bien inférieurs aux chiffres réels. Aux États-Unis, on a enregistré 60 exécutions.

 

§ 2 - Bagne

Dans les années 1920 et 1930, des enquêtes conduites par l'Armée du salut, et surtout par le grand reporter Albert Londres attirèrent l'attention sur ce que le bagne de Guyane était un lieu d'extermination. C'est pourquoi un décret-loi du 17 juin 1938 établit que les travaux forcés seraient, pour les hommes, exécutés en France (pour les femmes, le principe avait été établi sous le Second Empire). Paradoxalement, les relégués furent les derniers à être transportés (en 1940, la guerre empêcha le dernier transport).

 

¶ II - Le rôle de l'autorité judiciaire

 

Depuis la Révolution (1795), l'Administration pénitentiaire dépendait du ministère de l'Intérieur. Elle fut rattachée au Ministère de la Justice par un décret de 1911. Un décret-loi de 1935 assimila les fonctionnaires des services centraux à ceux du Ministère de la Justice et un décret-loi de 1937 assimila ceux-ci à des magistrats. Le moment le plus important fut cependant l'apparition en 1958 du juge d'application des peines.

 

¶ III - La réinsertion sociale

 

§ 1 - La libération conditionnelle

§2 - Le sursis avec mise à l'épreuve

§ 3 - Les permissions de sortie

§ 4 - Le régime progressif

Notons que, la réinsertion sociale attribuant au travail une fonction essentielle, elle est un objectif difficilement accessible en période de chômage.
À signaler aussi les violentes attaques du seul authentique révolutionnaire occidental d'aujourd'hui, à savoir Michael Moore, dans son film
The Big one et son livre Dégraissez-moi ça! : délocaliser les usines dans des pays aux salaires de misère (le patron de Nike® n'a jamais vu une seule de ses usines!), créer par voie de conséquence des foules de chômeurs devenant délinquants, incarcérer les chômeurs condamnés dans des prisons de plus en plus souvent privatisées, les faire travailler pour le même salaire de misère que celui des pays où l'on a délocalisé leurs usines.

 

 


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