Université Paris X - NANTERRE

Maîtrise : Histoire de l'administration publique

Professeur : Jean-Pierre Baud

(1er semestre de l'année 2007-2008) - IIe partie, titre III, chapitre 3


  

 Chapitre 3

La sécurité civile au XXe siècle

 

 

 

C'est au XXe siècle que sont apparues successivement les expressions de Protection civile et de Sécurité civile. Ceci signifiait, non seulement que la tâche des pompiers ne se limitait plus à la lutte contre l'incendie (et abandonnait le maintien de l'ordre), mais aussi que la protection contre les accidents et catastrophes dépassait partiellement (car les pompiers restent l'élément majeur de la Sécurité civile) le cadre administratif des divers corps de sapeurs-pompiers.

Quatre rubriques permettront de situer le changement : diversification, médicalisation, centralisation-départementalisation et enfin planification.

 

¶ I - Diversification

 

Le phénomène se perçoit d'abord dans la diversification des tâches des sapeurs-pompiers, dont la mission est définie depuis un décret du 13 août 1925 comme s'étendant aux "périls et accidents de toute nature menaçant la sécurité publique". De nos jours, la statistique des interventions des sapeurs-pompiers, lorsqu'il ne s'agit pas de la lutte contre l'incendie, correspond à l'énumération de toutes les catastrophes (inondations, tremblements de terre, marées noires, carambolages routiers, chutes d'avions, éruptions volcaniques dans les DOM-TOM, explosions d'usines, fuites radioactives, etc.), ainsi que tous les accidents individuels (accidents routiers, domestiques ou sanitaires). Les exigences du public sont même devenues exagérées, au point d'atteindre le ridicule : dans la statistique de 1974 des Pompiers de Paris, on compte une sortie pour un pied coincé dans une cuvette de W.C.! C'est pourquoi, l'administration a désormais imposé une interprétation restrictive des "périls et accidents de toute nature menaçant la sécurité publique". Les pompiers ne se dérangent plus pour un chat coincé dans une gouttière ou pour un cygne ne parvenant pas à remonter le courant d'un canal. Même de réels dangers publics relèvent désormais d'entreprises privées : par exemple la capture d'un essaim d'abeilles.

 

¶ II - Médicalisation

 

 

¶ III - Centralisation et départementalisation

 

Selon la grande loi municipale de 1884, il appartenait à "la police municipale... de prévenir par des précautions convenables" et de "faire cesser par la distribution de secours nécessaires les accidents et les fléaux calamiteux tels que les incendies, les inondations" etc., ainsi que les épidémies humaines ou les épizooties.

Au début du XXIe siècle, on réalise qu'est devenue la règle ce qui était présenté comme exceptionnel dans la loi de 1884 : "en provoquant, s'il y a lieu, l'intervention de l'administration supérieure". Aujourd'hui, ce qui domine est la centralisation de la Sécurité civile et sa départementalisation, notion qui implique un mélange de déconcentration mais aussi, partiellement à contre-courant, de décentralisation (en conséquence de la législation décentralisatrice de 1982-1983).

 

§ 1 - Centralisation

 

§ 2 - Départementalisation

 

¶ IV - Planification

 

Conclusion

Aujourd'hui, la traditionnelle compétence municipale est supplantée par l'autorité départementale du conseil général et, surtout, du préfet : direction départementale de la protection civile, structure départementale de la lutte contre l'incendie, SAMU et, particulièrement, planification. Le déplacement de compétence au profit du département est spectaculaire lorsque le préfet élabore et déclenche un plan ORSEC ou autre, mais il est aussi quotidien, entre autres du fait de l'importance prise par le SAMU départemental.  


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