Université Paris X - NANTERRE
Maîtrise : Histoire de l'administration publique
(1er semestre de l'année 2007-2008) - IIIème partie, titre II, chapitre 2
Chapitre 2
La recherche scientifique au XIXe siècle
Pasteur ayant déclaré que c'étaient les universités Allemandes qui avaient gagné la Guerre, il est normal que ce conflit nous serve ici à diviser le XIXe siècle.
¶ I - Jusqu'à la Guerre de 1870
§ 1 - L'Ecole polytechnique
Après la Révolution, la science française occupait la première place mondiale, Position qu'elle n'a jamais retrouvée. Que s'est-il donc passé?
Une recherche de qualité s'est maintenue au Collège de France et au Muséum d'histoire naturelle. En revanche, l'Académie des sciences cessa d'être un lieu de recherche, accueillant parfois de très jeunes chercheurs, pour devenir un lieu d'accueil honorifique de savants déjà consacrés.
En revanche l'Ecole polytechnique, qui avait été le premier établissement d'enseignement supérieur à posséder un laboratoire, semblait particulièrement apte à accueillir une recherche de haut niveau.
En fait, ce fut le cas jusqu'au milieu du siècle. Mais à ce moment-là une orientation définitive s'était dessinée et l'Ecole polytechnique, à l'instar des autres écoles d'ingénieurs (sans même qu'il soit nécessaire d'évoquer les écoles de gestion), était décidément orientée vers la production de cadres et non de savants : aucun des Prix Nobel français n'a été formé par une grande école.
§ 2 - L'Ecole normale
Pendant quelques décennies l'Ecole normale put prendre le relais et cela, grâce à Louis Pasteur lorsque, sous le Second Empire (1857), il en fut nommé administrateur.
Il constata que l'on y dispensait un enseignement de très haut niveau qui conduisait ses élèves à former l'immense majorité des lauréats de l'agrégation. Pourtant ce concours n'offrait, en un premier temps la seule perspective du professorat dans un lycée.
C'est pourquoi, Pasteur fit créer des postes d'assistants-préparateurs offerts aux plus remarquables des agrégés. Ceux-ci purent ainsi se consacrer à des recherches conduisant à la rédaction d'une thèse, laquelle leur permettait d'accéder très vite au professorat d'université. C'est ce qui permit à l'Ecole Normale de remédier, pendant quelques décennies, à la défaillance de l'Ecole polytechnique
¶ II - Depuis la Guerre de 1870
§ 1 - L'Institut Pasteur
L'oeuvre de Pasteur n'est plus à présenter. Mais c'était l'oeuvre d'une homme seul disposant de moyens limités.
C'est pourquoi, afin d'accroître les moyens dont ils pouvaient disposer, mais surtout pour donner à la recherche biologique une institution qui prolongerait son oeuvre, il parvint à réaliser, en 1888, ce qui est toujours l'Institut Pasteur. Créé à la suite d'une souscription internationale, il est resté une institution privée, simplement déclarée d'utilité publique.
Centre de recherche, hôpital, disposant de filiales en France et à l'étranger, le pouvoir de l'Institut pasteur fut tel (en particulier avant la création du Ministère de la Santé) qu'on a parfois pu craindre qu'il n'en abuse (on se souvient de l'affaire du BCG).
§ 2 - L'Ecole de physique et de chimie de Paris
Avant 1870, il existait (il existe toujours) une excellente école municipale de Chimie à Mulhouse. La défaite priva la France de la seule institution supérieure dont elle disposait en ce domaine.
C'est pourquoi, en 1882, fut créée une nouvelle école municipale, l'Ecole (dite aujourd'hui supérieure) de physique et de chimie de Paris.
C'est là que se rencontrèrent Pierre et Marie Curie qui, associé à Antoine Becquerel, obtinrent en 1903 le prix Nobel de physique pour leurs travaux sur la radioactivité.