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prescrivent l'abstinence, l'Athénien des Loisfait l' éloge du vin , ce pharmakonsi
redoutable en même temps qu'il est un bienfait à l'immense valeur40..
L'institution du banquet s'y révèle nécessaire à son apprivoisement, à la
constitution et la sauvegarde d'une droite éducation: le désir de jouissance étant une loi
de la nature, une législation qui se contenterait d'empêcher l'expression de cette pulsion
ne permet pas l'éducation, c'est à dire la prise de possession de soi-même, la
domestication de la pulsion. Seul l'usage raisonnable du banquet permet d'ériger la
raison de l'individu.
La place du vin chez les grecs méritent donc une précision. S'il peut être
assimilée à un aliment41, c'est essentiellement sa ressemblance avec le sang qui retient
l'attention. Invention et don d'un dieu, il est réservé aux Hommes. Il participe de la
mort et de la vie, de l'eau et du feu, du cru et du cuit, sauvage et du cultivé... toutes les
oppositions peuvent s'y retrouver.
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Un seul terme résume tout: il est
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pharmakon, remède ou poison, suivant
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l'utilisateur, ce qui explique l'importance de l'éducation dans sa consommation. " Le
vin est une substance où se mêlent la mort et la vie décuplées..." "42
Seulesses propriétés psychotropessont recherchées: euphorisant ou déprimant,
lénifiant au excitant, l'important est qu'il oriente la personnalité du consommateur,
qu'il l'exacerbe et lui permette de se dépasser. Le vin permet à nouveau de relier le
monde des humains à celui des dieux.
Mais les conditions de consommations sont strictes, et d'abord il ne peut s'agir
que de bon vin, de celui qui demande de sacrifier une certaine somme pour l'acquérir et
qui situe le consommateur du côté de la bonne vie, de latryphé.
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La règle la plus importante est certainement celle de la collégialité. A Athènes, il
est hors de question de boire seul dans son coin. L'ivrogne est méprisé et l'amateur
40PLATONLes loisinOEuvres complètesIIGallimardParis1950TraductionL. ROBIN
"Alors ne blâmons plus, au moins sans restriction comme nous l'avons fait, le présent que nous avons
recçu de Dionysos, en prétendant que c'est un mauvais cadeau et qui ne mérite pas qu'un Etat en accepte
chez lui l'introduction ! De fait,il y aurait bien d'autres choses à exposer à son sujet; et cependant on
hésite à dire devant le monde l'immense valeur de ce bienfait, en raison de la fausse opinion que s'en
font les hommes et de leur incapacité à comprendre ce qui en est dit.": II 672, a
41La médecine grecque ne reconnut la valeur alimentaire du vin qu'à partir de Mnésithée (IVème Siècle
avant J-C)
42MDETIENNEDionysos à ciel ouvertParisHachette1986p. 56.
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