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déviants non seulement les concepts mais aussi les individus qui se rattachaient encore à un univers de valeurs jugé dépassé.

CHAPITRE I. LA GESTION ANTHROPOPHAGIQUE

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Le principe de la sacralité de tout aliment est d'une gestion délicate en ce qu'il influe lourdement sur l'organisation sociale et demande le respect d'une somme de rituels contraignante. L'évolution des sociétés permet ainsi de voir apparaître une concentration du sacré sur certains d'aliments, la somme des autres nourritures devenant profane.

Pour autant, ceci ne veut pas dire qu'elles soient désamorcées de leur charge surnaturelle, mais plutôt que celle-ci est volontairement occultée dans la pratique quotidienne, pour être redécouverte en période critique; autrement dit, la trace la plus importante du sacré qui reste dans un aliment, réside dans la fonction de remède qui lui est reconnu. Et sur ce point, aucun aliment ne déroge, chacun est souverain pour une affection précise.

Quant aux aliments qui ont conservé pleinement leur charge sacrale, ils sont regroupables en trois catégories qui donnent lieu à une topographie du sacré s'articulant autour du phénomène de la résurrection. Il y a ainsi matière à décomposer le processus de l'aliment sacré en une trilogie qui intègre le germe, l'eau et le ferment dans une mythologie de la régénération du principe vital par la nourriture.

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