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La coutume s'instaura de recourir à la procession des châsses ou à des
humiliations98de reliques, jusqu'à ce que cette coutume soit explicitement
condamnées99et que soit affirmée la seule légitimité des voies de recours ordinaires.
De même le serment sur les reliques100fut abandonné au XIIIe Siècle auprès des
juridictions ecclésiastiques au profit de celui sur les Evangiles, évolution rapidement
suivies au civil, puis au criminel101. Toutefois, la pratique du serment reliquaire resta
particulièrement vivace en-dehors du domaine du contentieux102.
Cependant, cet abandon du recours systématique aux reliques dans les
procédures officielles, ne signifie en rien la désuétude du culte. Au contraire, la ferveur
populaire en demande d'autant plus que l'habitude est prise de les utiliser pour les
remèdes thérapeutiques, ainsi que pour des usages courants, comme conserver et
stabiliser le vin ou arrêter les intempéries. Elle s'inscrit parfaitement dans le cours de la
vie quotidienne et répond aux interrogations qui habitent la conscience populaire sur la
vie et sa protection.
Ce qui fait tout l'attrait de la relique, c'est sa prétendue imputrescibilité. Son
pouvoir magique défie le temps: la pureté d'âme, ou d'esprit, du bienheureux ayant eu
une telle puissance qu'elle a délivré son corps de la contingence temporelle. C'est ce
qui fait son succès: du corps de Christian Rosenkreuz à celui des gourous new-age,
toutes les saintetés se prévalent toujours de l'incorruptibilité du corps comme preuve.
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SECTION 2. PAR LES DROITS LAICS
La gestion des pulsions anthropophages n'est pas le souci des seuls droits sacrés,
les droits laïcs y sont confrontés également. Les actes d'anthropophagie ne sont pas
rares durant le Moyen Age, les situations exceptionnelles se succédant, des mesures
exceptionnelles les accompagnent: les famines prolongées se multiplient au gré des
sièges des villes et de la dévastation des campagnes après le passage des grandes
compagnies; de même le sac des cités prises s'accommode bien de débordements qui
allient l'avantage de défouler la troupe à celui de terroriser les rangs ennemis103.
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98Mise à bas des reliques afin de frapper les imaginations et obtenir ainsi la réparation d'une exaction.
99Canon17 du Concile de Lyon de 1274.
100Institué primitivement comme une alternative aux ordalies.
101Le duel judiciaire devient la preuve ordinaire devant les cours féodales.
102Pour les serments promissoires, les serments de fidélité, le serment des magistrats.
103Au point que le cannibalisme des francs lors de la première croisade resta gravé des siècles durant
dans la conscience des turcs: A.MAALOUF: Les croisades vues par les ArabesJean Claude Lattes
Paris1983
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