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par conséquent ceux qui savent les refusent complètement dans le régime de santé car
pour conserver la santé on doit s'abstenir de toutes choses médicinales" 143.
Les assaisonnements prouvaient ainsi par leur forte saveur leur puissante
polarité - en l'occurrence leur haut degré de sécheresse et de chaleur . Le changement
de degré emporta changement de nature et les assaisonnement versèrent dans une
catégorie sui generis , pour devenir des proto-médicaments.
De cet agrégat des assaisonnements, les épices furent peu à peu isolées, pour
devenir l'aliment médicinal par excellence. Leurs caractéristiques aromatiques en
faisaient un aliment quasiment désincarné, une nourriture par l'odeur, un attribut du
divin et donc une essence surnaturelle propre à combattre les affections.
Cependant au Moyen Age, le terme "épices" ne désignait pas un aromate
quelconque mais seulement les exotiques, qui nés sous les climats plus chauds de
l'Orient étaient réputées supérieurs en qualité aux variétés indigènes: plus élaborées,
plus subtiles, elles étaient médicalement plus sûres.
Au XVIIIe Siècle, le dictionnaire de Trévoux de 1704, définit les épices comme
"Toute sorte de drogue orientale et aromatique qui a des qualités chaudes et piquantes
comme sont le poivre, la muscade, le gimgembre, le macin, la cannelle, le clou de
giroffle, la maniquette, etc... Il n'est pas sain de mettre trop d'espice dans les sausses .
Se dit aussi des drogues médicinales qui viennent d'Orient, le semé, la casse, l'encens,
etc... "144.
La transformation s'était effectué d'aliment en aliment médicinal, puis en
drogue; cependant, la dernière étape qui conduit au médicament n'est pas d'ordre
gastronomique mais juridique: ce n'est qu'au moment de l'instauration du monopole
thérapeutique que la notion contemporaine de "médicament" pris son essor.
L'appellation officielle resta encore un moment en concurrence avec celle plus
traditionnelle de "drogue" jusqu'à ce que la légitimité des marchands de médicaments
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142La digestion étant la cuisson des aliments par le corps et vice versa.
143IJ-L FLANDRINAssaisonnement, cuisine et diététiqueinJ-L FLANDRIN, M. MONTANARI
Histoire de l'alimentationloc. citp. 499.
144Boisson coloniales et essor du sucreinJ-L FLANDRIN, M. MONTANARIHistoire de
l'alimentationloc.citp. 690.
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