1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

Les conditions sociales et morales de la nourrice sont souvent
appréciées par la famille. "Après inspection de l'habitus extérieur,
on procède à un examen médical, pour s'assurer qu'elle n'est
atteinte d'aucune maladie, d'aucune infirmité".
16


2) La pratique médicale du choix


L'intervention médicale se fait en différentes phases.
Il y a d'abord l'examen médical de la nourrice. Les nourrices
"doivent être visitées autant que la décence le permet pour
s'assurer qu'il n'existe à l'intérieur du corps aucune cicatrice ou
empreinte qui indique l'existence actuelle ou antérieure d'une
maladie rachitique, scrofuleuse, dartreuse ou syphilitique".
17


Ce qui importe chez la nourrice, c'est son sein et son lait. "Le reste
du corps embarrasse plutôt. On voudrait le gommer, l'oublier. Il est
significatif qu'il disparaisse sous un uniforme. Mais on est obligé de
le prendre en considération pour le contrôler, car le corps, réduit au
rôle de machine à produire du lait, doit être sain".
18
Ensuite, c'est l'examen du lait (quantité, qualité, reconnaissance de
sa couleur, de sa consistance, de son odeur et de sa saveur).
19
Selon A. Martin-Fugier, la nourrice est dépossédée de son corps, "on
la tâte, on la sent, on la goûte, comme on le ferait d'un animal sur le
champ de foire". Examen humiliant, comme le dit Annette, la


IMAGE Imgs/reiter_1.103.gif

16A-B. Marfan, Traité de l'allaitement et de l'alimentation des

enfants du premier âge, Ed. Masson & Cie, 1930, p. 482.

17Brochut, Hygiène de la première enfance,1866, p. 281, cité

par Fay-Sallois, Les nourrices à Paris au 19è siècle,

Paris,1980,

p. 185.

18A. Martin Fugier, op. cit., p. 18.

19F. Fay-Sallois, op. cit., p. 180.