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pauvre paysanne du Monologue d'une nourrice d'Ernest Daudet,
honteuse d'avoir à se dévêtir et à faire goûter son lait :
"Mes mains tremblaient sous mon fichu et je ne sais comment il se
fit qu'entre mes doigts un jet de lait, sorti de mon sein gonflé, alla
souiller les lunettes du médecin".
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Enfin vient l'examen de l'enfant de la nourrice. On craint avant tout
la syphilis et on ne peut être sûr, en effet, qu'une nourrice n'est pas
contaminée qu'en examinant son enfant. Or les premiers signes de
la syphilis ne peuvent apparaître que quatre à six semaines après
la naissance.
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C) Les motivations de la nourrice

La pratique du nourrissage mercenaire est condamnée avec
véhémence à partir du 18ème siècle.
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20E. Daudet, La nourrice monologue, Paris, 1884, cité par A.

Martin-Fugier, op. cit., p. 20.

21A. Martin Fugier, op. cit., p. 18.

22J. Gelis, M. Laget et M-F. Morel, op. cit., p. 165.

23En effet, l'allaitement mercenaire est contraire à l'ordre
naturel, selon les moralistes et les médecins. Idéalement,
la nourrice ne devrait pas exister. "Une mère devrait
toujours être la nourrice de son enfant". (Buffon).
La
fonction essentielle de la femmeest celle de mère

nourricière. (Voir E. Badinter, l'amour en plus, 1980,

Flammarion, p. 176 à 190.)
Certains auteurs continuent à affirmer que l'allaitement
maternel est une loi de la Nature, une loi divine, à
laquelle nulle mère ne doit se dérober
. (M-F. Morel,
Théories et pratiques de l'allaitement en France au 18ème

siècle, in Annales de démographie historique, Paris, 1976). Il
est même considéré comme un devoir par de nombreux

auteurs tels que Homère, Marc-Aurèle, Montaigne, J-J.

Rousseau...
Saint Augustin croyait que puisque Dieu avait donné le lait à
la femme, c'était péché pour elle que de le refuser à son

enfant. (H. Lestradet, L'évolution de l'allaitement maternel

en France, in Médecine périnatale, Aix-les-Bains, 1978, p.

233.