1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

Outre le fait qu'on reproche aux nourrices de communiquer aux
enfants par le lait non seulement leurs caractéristiques physiques
mais aussi morales
24, la nourrice est accusée de n'être intéressée
que par le salaire.
25
"Même lorsqu'elles sont attentionnées, les nourrices restent des
mercenaires attirées avant tout par l'appât du gain".
26
Certains auteurs déplorent en outre la misère et la pauvreté qui
obligent les femmes de la campagne à "vendre leur propre
substance" et à sacrifier, pour un gain souvent modique, la santé de
leur propre nourrisson.
27
Le métier de nourrice est un gagne-pain plus ou moins bien
rémunéré, selon Pierre Micquel.
"Les nourrices sur lieu gagnaient jusqu'à cent francs par mois, bien
plus qu'un instituteur". Les tarifs des nourrices sur place sont par
contre très inférieurs. Le tarif variait selon les ressources des
parents et, pour les nourrissons placés par l'hôpital des enfants
trouvés, elles percevaient une rémunération fixe par enfant.
28


IMAGE Imgs/reiter_1.108.gif
On trouve ainsi l'idée que, si la mère n'allaite pas son enfant,
elle s'expose aux "funestes et terribles ravages d'un lait
refoulé". Le lait devient un véritable poison à l'intérieur de

son corpsoù "il s'épaissit, s'aigrit, l'infecte partout et lui
donne une fièvre violente et souvent mortelle". Aussi, ce
n'est qu'à partir du 18ème siècle, que les médecins
recommandent le colostrum comme le meilleur purgatif pour
l'enfant. Auparavant, la médecine estimait que tant que la
femme avait des évacuations de sang, son lait n'était pas bon,
en vertu de l'incompatibilité de deux évacuations

simultanées. (M-F. Morel, op. cit., p. 397 et 399).

24M-F. Morel, op. cit.,p. 442.

25J. Gelis, M. Laget et M-F. Morel, op. cit., p. 165.

26M-F. Morel, op. cit., p. 442.

27M-F. Morel, op. cit., p. 443.

28P. Micquel, op. cit., p. 33-34.