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Philippe Mallaurie 126parle "d'exceptions traditionnelles sans grande
portée" à la règle présupposée de non commercialisation du corps
humain: les cheveux ou le lait maternel peuvent être vendus.
127
La femme a ainsi la libre disposition de son lait : elle peut le
consommer comme un aliment, le détruire, le vendre ou le donner.


C) La " Réalité" 128du lait maternel.


Le lait maternel est à l'évidence alimentaire, il a une fonction
thérapeutique, mais est-il une chose sacrée ou une nuisance ?


1) Lait maternel, "aliment"


Il est une nourriture pour les nouveau-nés129. Le lait maternel est
évidemmentalimentaire ; l'aliment est l'objet dont l'appropriation
est vitale.
130


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126Ph. Malaurie, L. Aynes, Les personnes, ed. Cujas, Paris,

1992.

127"La régle, affirmée comme allant de soi, selon laquelle les
éléments de la personne physique ne peuvent former l'objet
de conventions, a toujours comporté des exceptions
considérées comme allant tout autant de soi". Comme
l'indique M. Aurel David: "On a déjà vendu certaines parties
du corps : les cheveux de femmes, le lait des nourrices" (A.

Decocq, op. cit., p. 30-31).

128"Réalité" signifie "le fait d'être une chose". (J-P. Baud, op.

cit., p. 13).

129Définition Dictionnaire Larousse: le lait est un " liquide
produit par les femelles des mammifères, aliment complet
qui assure la subsistance du jeune au début de sa vie grâce à
sa richesse en graisses émulsionnées (qui lui donne sa
couleur blanche), en protides, en lactose, en vitamines et en

sels minéraux.

130"Les aliments et les vêtements sont des objets dont
l'appropriation est vitale. Ils sont, après le corps humain lui-

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