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Actuellement, le lait maternel issu des lactariums est un "produit
thérapeutique"135, remboursé par la Sécurité Sociale comme un
médicament136. L'activité des lactariums a de ce fait, un caractère
curatif.137
3) Le lait maternel est-il une chose sacrée ?
Le lait maternel est "après le corps humain lui-même, la définition
la plus exacte des choses corporelles".138
Mircéa Eliade explique que le "sacré est le réel par excellence" et
que "le corps de l'homme est au centre de ce monde des choses
sensibles".
"C'est parce que le corps de l'homme est au coeur du monde
matériel qu'il est le temple originel, le centre autour duquel
s'organise la sacralité des choses".139
"Ainsi s'écroule l'édifice doctrinal qui entendait fonder l'assimilation
du corps à la personne en tirant argument de la sacralité de celui-
ci". 140
Selon la doctrine française, la sacralité du corps est la conséquence
de son assimilation à la personne141. Ce qui équivaut à dire qu'il
perd sa sacralité lorsque disparaît la personne. 142


135 Journal Officiel, débats parlementaires, Rapport du Sénat nº
10 (1989/90) fait au nom de la commission des affaires
sociales sur le projet de loi relatif à la protection et à la
promotion de la santé de la famille et de l'enfance, et
adaptant la législation sanitaire et sociale aux transferts de

compétence en matière d'aide sociale et de santé, p. 34.

136 "Le lait maternel recueilli, traité et distribué par les
lactariums, est pratiquement totalement réservé aux
prématurés les plus fragiles. Il est facturé et remboursé par
la Sécurité Sociale comme un médicament." (Journal Officiel,

Débats parlementaires, séance du 2 mai 1989, p. 506.

137 Journal Officiel, débats parlementaires rapport du sénat nº

10 (1989/90), op. cit., p. 50.

138 J-P. Baud, op. cit., p 101.

139 J-P. Baud, op. cit., p 222.

140 J-P. Baud, op. cit., p 33.

141 "De ce qu'il est la personne elle-même, le corps tire une
place tout à fait particulière dans le droit. Il a, en quelque

manière, un caractère sacré". (J. Carbonnier).

142 J-P. Baud, op. cit., p. 32.
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