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commun, malgré parfois des
caractéristiques voisines qui les
rapprochent": Le lait et les cheveux ont un destin
commun.
Cependant, le lait n'est pas une chose ordinaire.
Afin de préciser sa reflexion reprenons les termes de
Michèle
Harichaux :
"Le lait et les cheveux ont effectivement un destin commun
:
l'élimination et leur absence d'utilité pour
le corps; on considère
que allaitement et coupe de cheveux ne sont pas de nature
à nuire
à la conservation de la personne, et qu'ils ont en
outre "vocation à
rendre service", compte tenu de l'harmonie existant entre
la
fonction de service à la personne de ses
élements et leur fonction
de satisfaction des intérêts des tiers (...).
Et on a donc pu en déduire
que le lait et les cheveux avaient un statut commun: celui
de choses,
susceptibles de cession à titre onéreux, le
lait étant "en quelque
sorte un fruit du corps humain destiné à la
séparation et par
conséquent un objet de commerce", (...), les cheveux
étant
considérés comme des "meubles futurs, dont la
cession constitue
une vente mobilière". (...) Mais le lait n'est pas
une chose ordinaire.
(...) La cession de lait ne peut se faire aux dépens
de l'enfant de la
nourrice à qui il revient en premier lieu, et cette
vente fut
réglementée en 1954. (Arr. 9 août 1954,
JO 27 août 1954)149 pour
éviter tout excès, et contrôler la
santé de la donneuse, ce qui
témoigne qu'il ne s'agit pas là d'un fruit
ordinaire". Michèle
Harichaux affirme que le lait, tout comme le sang, a une
"spécificité,
une utilité pour la vie humaine" qui exclut
totalement son
admission dans le statut des biens au sens patrimonial du
terme; il
ne peut être considéré comme une
vulgaire chose au même titre
que les cheveux".150 Il faut
préciser que la doctrine française
commet trop souvent l'erreur d'assimiler la chose à
la
marchandise.151



149 L'arrêté du 9 août 1954,
paru au J.O. du 27 août 1954, p.
8327,
fixe les conditions d'installation et de fonctionnement
que doivent remplir les lactariums, depuis
abrogé par
l'arrêté du 18 août 1983,
lui-même abrogé par l'arrêté du
10
février 1995 relatif aux conditions
techniques de

fonctionnement des lactariums.

150 R.
Drai et
M. Harichaux, "Le corps humain, objet du

contrat", Bioéthique et Droit, Paris, PUF, 1988.

151J-P. Baud, op.
cit., p. 222.
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