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Droit de propriété et disposition de l'objet de propriété sont
indivisiblement liés.
Reconnaître à l'individu un droit de propriété sur son corps, c'est
faire de la protection du corps humain un absolu, mais du même
coup rendre valable tous les actes de disposition sur son propre
corps. Reconnaître un droit de propriété permettrait une défense
contre toutes les atteintes qu'on pourrait porter sur notre corps. "
Non seulement, on garantirait mieux sa propre intégrité physique,
mais encore, et surtout, on la protègerait contre tous ceux qui
voudraient en commercialiser les produits".160 Selon J. Carbonnier
"On peut reprocher à une telle analyse de considérer le corps
humain comme une chose (...), alors qu'il est la personne même, et
de confondre aussi sujet et objet".161
Cependant, en refusant de reconnaître l'appropriation du corps par
la personne, on donne aux éléments corporels détachés de celle-ci le
statut de res nullius, de chose n'appartenant à personne, ou plus
exactement de chose en dehors du droit pouvant faire l'objet d'une
appropriation de fait. 162
S'agissant du lait maternel, si la mère manifeste expressément le
désir d'abandonner son lait, il devient alors une res derelictae et
tout intéressé peut en devenir propriétaire par appréhension. Il en
est ainsi du lactarium qui peut alors le vendre librement. Il s'agit
du droit du premier occupant sur les choses qui n'appartiennent à
personne.


160 Le Monde, 16 juillet 1993.

161 J. Carbonnier, op. cit., p. 22.

162 J-P. Baud, op. cit., p. 226.
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