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Il était d'ailleurs très important dès la fin de la deuxième guerre
mondiale de différencier la donneuse de lait de la nourrice dans la
représentation, l'imaginaire collectif.
On pouvait ainsi lire que les donneuses de lait (...) ne devaient pas
être assimilées aux nourrices. "Ces femmes n'acceptent de donner
l'excédent de leur lait que pour sauver les nouveau-nés (...) que la
mère ne peut nourrir et pour qui le lait de femme est une question
de vie ou de mort."177 G. Delaisi de Parseval, psychanalyste
consultant au Lactarium de l'Institut de puériculture de Paris,
démontre aussi que les dons sont "médiatisés" : la donneuse fait don
de son lait à un "pool de lait", une "institution médicale", "institution
relais", qui devient elle-même donneuse à des bébés et des parents
receveurs. Il n'existe plus de contact direct entre la mère et les
bébés. "C'est un comportement différent de la pratique des
nourrices d'avant la guerre de 39 - 45".178
Ces motivations humanitaires se retrouvent dans une enquête
réalisée au lactarium de Marmande.179
A la question "Avez-vous retiré des satisfactions de votre
allaitement, et si oui, de quel ordre ?"
[!] vingt-huit mères ont répondu "Oui".
[!] vingt-sept mères ont éprouvé une satisfaction morale: plaisir
d'avoir accompli une bonne action, un geste altruiste.
[!] une mère a eu la sensation du devoir accompli.


177 cahiers français d'information, nº 117, du 1 octobre 1948,

p. 15, AMS (archives municipales de Strasbourg).

178 G. Delaisi de Parseval, "Motivation et dynamique des mères
faisant des dons de lait au lactarium", in Les dossiers de

l'Obstétrique, août-septembre 1985, nº 121, p. 11.

179 enquête réalisée de 1987 à 1990 et portant sur 33 mères.
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